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Pour mieux soigner : des médicaments à écarter

Publié le : 04/12/2019 14:24:39

Vicks, Smecta, Ginkgo... La revue médicale Prescrire a mis à jour sa liste noire des médicaments qu’elle considère comme étant « plus dangereux qu’utiles ». Douze nouveaux médicaments se sont ajoutés à la liste précédente, et portent notamment sur la toux et le mal de gorge.

 

Pour la huitième année consécutive, la revue Prescrire publie un bilan "des médicaments à écarter pour mieux soigner". L'objectif est d'aider à choisir des soins de qualité, pour d'abord ne pas nuire aux patients et pour éviter des dégâts. L'évaluation par Prescrire de la balance bénéfices-risques d'un médicament dans une situation donnée repose sur une procédure rigoureuse : recherche documentaire méthodique et vérifiable, détermination de critères d'efficacité qui comptent pour les patients, hiérarchisation des données scientifiques selon la solidité des preuves, comparaison versus traitement de référence (s'il existe), prise en compte des effets indésirables et de leur part d'inconnues.

105 médicaments identifiés

En 2020, le bilan porte sur les médicaments analysés dans Prescrire durant neuf ans, de 2010 à 2019. Cette analyse a recensé 105 médicaments (dont 92 commercialisés en France) dont la balance bénéfices-risques est défavorable dans toutes les situations cliniques pour lesquelles ils sont autorisés en France ou dans l'Union européenne. Ces médicaments peuvent paraître bénéfiques à certains patients ; surtout tant que des effets nocifs ne se sont pas encore manifestés chez eux. Ces médicaments plus dangereux qu'utiles sont des causes de mortalité, d'hospitalisations ou d'effets nocifs graves ou très gênants, largement évitables.

La revue estime ainsi que les sirops contre la toux tels que Clarix toux sèche pour enfant et Vicks sirop pectoral 0,15 % pour adultes sont à proscrire. A base de pentoxyvérine, ces deux sirops exposent, selon Prescrire, à des troubles cardiaques et à des réactions allergiques graves. Ces sirops pour la toux rejoignent ainsi la longue liste des sirops antitussifs que Prescrire considère peu utiles sinon dangereux, liste qui comprenait déjà le Toplexil (et génériques, à base d’oxomémazine), le Biocalyptol (pholcodine), le Muxol (ambroxol) et le Bisolvon (bromhexine).

Côté maux de gorge, c’est le médicament Maxilase, et ses équivalents, à base d’alpha-amylase, qui est pointé du doigt. L’enzyme qui est ici le principe actif “expose à des troubles cutanés ou allergiques parfois graves, dont : urticaires, prurits, angiœdèmes, rashs maculopapuleux, érythèmes”, énumère Prescrire. L’Agence du médicament (ANSM) souhaite d’ailleurs les retirer de l’accès libre en pharmacie. Le tixorcol, un corticoïde en pulvérisation buccale présent avec la chlorhexidine dans le Thiovalone et ses équivalents, est également à l'origine de réactions allergiques.

 

Les médicaments à base d’argiles et de ginkgo biloba dans le viseur

En février dernier, l’ANSM avait demandé, par mesure de précaution, à ce que les médicaments à base d’argiles (Smecta et génériques, à base de diosmectite) ne soient plus utilisés chez l’enfant de moins de 2 ans, “en raison de la possible présence d’infime quantité de plomb, même si le traitement est de courte durée”. La revue Prescrire va plus loin, et estime de son côté que la contamination au plomb de ces argiles utilisées dans divers troubles intestinaux tels que la diarrhée justifie de les écarter des soins, pour tout le monde. Elle conseille ainsi de ne plus utiliser les argiles suivantes : l’attapulgite (Actapulgite, ou en association dans Gastropulgite), la diosmectite (Smecta ou autre), l’hydrotalcite (Rennieliquo), la montmorillonite beidellitique alias monmectite (Bedelix, ou en association dans Gelox) et le kaolin (en association dans Gastropax et Neutroses).

Quant au fameux ginkgo biloba, utilisé pour les troubles cognitifs des personnes âgées, il n’a “pas d’efficacité démontrée au-delà de celle d’un placebo, mais expose les patients à des hémorragies, des troubles digestifs ou cutanés, des convulsions et des réactions d’hypersensibilité”, assure Prescrire.

Consulter la liste complète des 105 médicaments “plus dangereux qu’utiles” selon la revue Prescrire.